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Le jeu en vaut la chandelle

Une glycémie sous contrôle

La mesure de la glycémie renseigne sur la présence d’une trop forte ou trop faible concentration de glucose dans le sang. Cette mesure est incontournable pour le dépistage précoce comme pour le traitement du diabète.

Christiane Schittny, pharmacienne

Le glucose remplit une fonction essentielle dans l’organisme: c’est un sucre important, qui apporte de l’énergie à tout notre corps. Grâce à une hormone appelée insuline, le sucre passe de la circulation sanguine dans les cellules adipeuses et musculaires. Il s’y produit une série de réactions chimiques qui servent à produire de l’énergie. Mais si l’organisme n’a pas assez d’insuline à sa disposition, le glucose ne peut pas pénétrer dans les cellules et le corps ne dispose pas d’assez d’énergie. Le sucre reste dans le sang et s’y accumule. Conséquence: la glycémie augmente.

Qu’est-ce que le diabète?
Le diabète est une maladie métabolique chronique caractérisée par une élévation de la glycémie. Diabetes mellitus, le terme latin utilisé en classification internationale, signifie «écoulement sucré comme le miel» (du grec ancien «diabeinein» = couler à travers et du latin «mellitus» = sucré comme le miel). En effet, autrefois, les médecins diagnostiquaient la maladie grâce à l’odeur et au goût sucré de l’urine.
On distingue deux types de diabète. Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui apparaît généralement dès l’enfance ou l’adolescence. Il concerne environ 10 % cent des diabétiques. Dans ce cas, les défenses immunitaires de l’organisme s’attaquent aux cellules du pancréas qui produisent l’insuline et les détruit. Le corps n’étant donc plus capable de fabriquer l’insuline, les diabétiques de type 1 doivent systématiquement s’en injecter.
Le diabète de type 2 apparaît, lui, généralement à un âge plus avancé. La très grande majorité des diabétiques (environ 90 %) sont des diabétiques de type 2. Ici, les causes sont différentes, souvent liées au surpoids, à une alimentation peu saine et à la sédentarité. L’organisme réagit de moins en moins à l’insuline qu’il produit: c’est ce qu’on appelle la résistance à l’insuline. Au début, il compense ce déficit apparent en produisant plus d’insuline, mais finit par ne plus y parvenir. La glycémie augmente alors et le diabète apparaît. On le traite par divers médicaments ou par l’administration d’insuline.

Les conséquences du diabète
Une glycémie constamment élevée et inadéquatement traitée peut avoir de lourdes conséquences pour la santé. La concentration élevée de sucre dans le sang abîme la paroi des vaisseaux et des dépôts s’y forment: c’est l’artériosclérose. Ces dépôts entravent de plus en plus la circulation sanguine, réduisant du même coup le transport de l’oxygène et des nutriments jusqu’aux organes. Si un caillot se forme dans le cœur ou le cerveau à cause de l’obstruction des vaisseaux, il y a un risque d’infarctus du myocarde ou d’AVC aux conséquences potentiellement fatales. Des troubles de la circulation peuvent aussi survenir ailleurs, par exemple au niveau des reins ou des yeux. Ils peuvent affecter les reins jusqu’à l’insuffisance rénale, ou entraîner des troubles visuels, voire la cécité. Le diabète peut également provoquer des troubles nerveux, sexuels, ou une baisse générale des performances.

Le diabète de type 2 peut être prévenu
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des mesures de prévention du diabète de type 2. Il vaut donc vraiment la peine de faire attention à sa santé pour éviter le plus possible les facteurs de risque. Une mauvaise alimentation, le manque d’exercice et le surpoids sont les principaux facteurs de risque du diabète de type 2 – et sont tous liés. Dans une démarche préventive, il faut donc jouer sur tous ces tableaux en même temps.
Une alimentation saine contient beaucoup d’ingrédients frais, notamment des fruits, salades et légumes riches en vitamines, en minéraux et en fibres. Les aliments riches en protéines comme les légumineuses, les produits laitiers et la viande sont également recommandés. En revanche, l’alimentation ne doit pas être trop grasse ni trop calorique. Prudence donc face aux produits industriels, aux charcuteries, au chocolat ou aux chips, dont la consommation doit rester occasionnelle. Une alimentation équilibrée permet de maintenir un poids normal. Une activité physique suffisante aide en outre à se débarrasser des calories superflues et à rester en bonne santé. Inutile d’être un sportif de haut niveau pour cela: la randonnée, la natation, le vélo ou la gymnastique sont de bons exemples d’activités sportives appropriées.

Comment mesurer la glycémie
De nos jours, la glycémie peut se mesurer aisément en pharmacie ou à la maison grâce à un petit lecteur de glycémie. Avec un dispositif autopiqueur, on récolte au bout d’un doigt une petite goutte de sang qu’on dépose sur une bandelette réactive. Au bout de quelques secondes, le résultat s’affiche sur l’écran. Cette méthode permet de déterminer la glycémie à un instant T. Le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) permet, lui, d’évaluer la glycémie sur une plus longue période. La mesure se fait au cabinet médical et donne la valeur moyenne de la glycémie au cours des deux à trois derniers mois. Une faible quantité de sang suffit pour mesurer la «glycosylation» d’un sous-groupe de globules rouges (HbA1c). Cette valeur est utilisée pour diagnostiquer le diabète et contrôler le succès du traitement.

Les valeurs de référence importantes
La concentration de glucose dans le sang est mesurée en millimoles par litre. L’HbA1c indique le pourcentage de globules rouges «glycosylés»:
Valeurs normales: entre 3,9 et 5,5 mmol/l (glycémie à jeun); jusqu’à 5,6 % (HbA1c)
Prédiabète: entre 5,6 et 6,9 mmol/l (glycémie à jeun); entre 5,7 et 6,5 % (HbA1c)
Diabète: au-delà de 7 mmol/l (glycémie à jeun); plus de 6,5 % (HbA1c)
Selon les sources et la substance analysée (plasma, sang veineux ou sang capillaire), ces chiffres peuvent légèrement varier.