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Le jeu en vaut la chandelle

Sortez couverts!

Il y a, dans la vie, des choses auxquelles nous renoncerions volontiers. Les préservatifs par exemple. Pourtant, ils nous protègent non seulement d’une éventuelle grossesse non désirée mais aussi, et très efficacement, des maladies sexuellement transmissibles.

Christiane Schittny, pharmacienne

L’invention du préservatif ne date pas d’hier. Les Grecs anciens utilisaient déjà des vessies de chèvre à cet effet et, au Moyen-Âge, on confectionnait des préservatifs en toile ou en cuir pour se protéger du mieux possible d’une grossesse non désirée. Au XIXe siècle, la fabrication des premiers préservatifs en caoutchouc a marqué un tournant – même si, au départ, ils faisaient environ deux millimètres d’épaisseur et présentaient une couture désagréable sur toute leur longueur. Les modèles actuels sont ultra fins et résistants, confortables, respectueux de l’environnement et bon marché. Mais surtout, ils nous protègent de graves maladies sexuellement transmissibles.

Pas juste un moyen de contraception
Avant l’existence de la pilule contraceptive, le préservatif était le meilleur moyen de se protéger d’une grossesse non désirée. Bien utilisé, il offre, aujourd’hui encore, un moyen de contraception très sûr, même si la pilule – à condition d’être prise correctement et sans oubli – offre encore plus de sécurité. Mais le préservatif a un autre énorme avantage: c’est le seul moyen de contraception qui peut aussi nous protéger des maladies sexuellement transmissibles! Un grand plus quand on a un nouveau partenaire sexuel, ou des partenaires multiples. Facilement disponible, facile à utiliser, sans effets indésirables (à l’exception d’une possible allergie au latex), le préservatif est un moyen incontournable de lutte contre toutes les maladies vénériennes.

Des infections en recrudescence
On connaît une trentaine d’agents pathogènes qui peuvent se transmettre lors des rapports ou d’autres pratiques sexuelles. Il s’agit principalement de bactéries et de virus, mais aussi de champignons, de parasites et de protozoaires (animaux unicellulaires). Ces microorganismes sont responsables de nombreuses maladies en recrudescence partout dans le monde – y compris chez nous. Une tendance inquiétante car, avec le triomphe des antibiotiques il y a 50 ans environ, on pensait qu’on maîtriserait à l’avenir toutes les maladies infectieuses. Aujourd’hui, nous devons pourtant renforcer notre vigilance face à des maladies contagieuses problématiques. Quelques exemples.

Syphilis et gonorrhée
Ces deux maladies sont dues à des bactéries. Elles se transmettent presque exclusivement de personne à personne par contact sexuel. La syphilis peut se manifester par de multiples symptômes. Outre des ulcérations génitales, la maladie peut provoquer des altérations pathogènes de la peau et des muqueuses, des vaisseaux, des nerfs, mais aussi d’organes comme le foie, la rate, les reins, le cerveau et le cœur. Non traitée chez la femme enceinte, elle peut entraîner de graves atteintes organiques chez le fœtus. L’infection peut aussi parfois rester plus ou moins asymptomatique.
La gonorrhée (aussi appelée blennorragie ou chaude-pisse) peut également rester asymptomatique. Mais, dans 50 % des cas environ, elle génère des symptômes qui peuvent être lourds de conséquence. La maladie débute le plus souvent par une inflammation de l’urètre, qui peut s’étendre aux testicules (chez l’homme) ou dans le bas-ventre (chez la femme). Avec un risque de stérilité chez les deux sexes. La gonorrhée peut provoquer des atteintes graves de la peau, des articulations et de divers organes. Le meilleur moyen de prévenir ces deux maladies est l’utilisation systématique du préservatif. Leur traitement passe par les antibiotiques. Il est alors essentiel de traiter les deux partenaires d’un couple.

Herpès et verrues génitales
Il s’agit cette fois de maladies virales. L’herpès génital est dû au virus Herpes simplex tandis que les verrues génitales sont provoquées par certaines souches de papillomavirus (HPV). L’herpès génital se manifeste par la présence de petites vésicules parfois très douloureuses, le plus souvent présentes d’un seul côté. Elles forment des ulcérations quand elles éclatent. Il n’est pas rare que la maladie reste asymptomatique et qu’elle passe inaperçue mais elle est néanmoins contagieuse pour le partenaire sexuel. Les condylomes acuminés (verrues génitales) sont l’une des maladies sexuellement transmises les plus fréquentes. Il s’agit le plus souvent de tumeurs bénignes qui touchent la zone intime mais, dans 10 % des cas environ, le virus incriminé peut entraîner des cancers. Ces verrues s’accompagnent souvent de démangeaisons intenses, parfois de sensations de brûlure ou de saignements. Il existe un vaccin contre les souches les plus courantes de papillomavirus. Là encore, le préservatif permet d’éviter la propagation de ces deux maladies.

Le plus important: la sécurité
Utilisation correcte et qualité sont décisives pour la fiabilité des préservatifs. Le label «OK» garantit le respect des exigences de qualité élevées de la norme européenne. Vu la fragilité du matériau utilisé, il est impératif de ne pas dépasser la date limite d’utilisation et de conserver ses préservatifs dans de bonnes conditions (à l’abri de la chaleur et de la lumière). En cas d’utilisation concomitante d’un préservatif en latex et d’un lubrifiant, on optera exclusivement pour des produits sans huile et non gras destinés à un usage intime, car les lipides peuvent détériorer le latex.

Préservatifs: mode d’emploi
– Ouvrez l’emballage uniquement avec les doigts et sortez-en le préservatif avec précaution. Ongles et objets coupants risquent d’endommager le préservatif.
– Placez le préservatif sur le bout de la verge en érection, le bord roulé se situant à l’extérieur. Déroulez ensuite le préservatif précautionneusement le plus bas possible vers la base du pénis.
– Retirez en douceur le pénis du vagin le plus vite possible après l’éjaculation – avant la fin de l’érection, en veillant à tenir le préservatif à la base du pénis.