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Bobos de la plage

Vamos a la playa

Enfin l’été, le soleil et la mer! Construire des châteaux de sable, profiter du farniente, déguster des glaces et se laisser flotter sur son matelas gonflable… Pour prendre soin de votre bonne humeur mais aussi de votre santé, voici quelques conseils utiles pour de bonnes vacances à la plage.

Dr Alexander Vögtli, pharmacien, PharmaWiki.ch

Les températures estivales attirent beaucoup d’entre nous vers les côtes. Ce nouvel environnement moins familier comporte toutefois certains dangers qui pourraient vite venir gâcher des vacances bien méritées. Une bonne préparation permet de parer à la plupart des petites et plus grosses urgences.

Otite du baigneur
Le fait d’avoir la tête sous l’eau favorise l’apparition d’une inflammation du conduit auditif externe: l’«otite du baigneur». L’eau présente dans l’oreille ramollit la peau du conduit et réduit la quantité de cérumen, qui assure une importante fonction de protection et de nettoyage. D’où un risque plus élevé d’infection bactérienne de la peau dans le conduit auditif. La qualité de l’eau joue aussi un rôle important. L’otite du baigneur se caractérise par des démangeaisons, un écoulement, des maux d’oreille (otalgie), des troubles auditifs et une sensibilité à la pression.
Pour prévenir le problème, il existe des gouttes auriculaires pour plongeurs confectionnées sur demande à la pharmacie. Elles contiennent par exemple de l’acide acétique dont l’acidité prévient le développement des bactéries. Pour une efficacité optimale, instillez-les juste après la baignade dans chaque oreille.

Coupures et autres plaies
Tessons de verre, coquillages, coraux et rochers escarpés expliquent la fréquence des coupures sur la plage. La barrière cutanée étant alors rompue, des corps étrangers peuvent pénétrer dans l’organisme, avec un risque d’infection. Un spray désinfectant et un assortiment de sparadraps sont donc toujours utiles dans le sac de plage.

Méfaits du soleil
En été, le rayonnement solaire est très intense et peut rapidement provoquer un coup de soleil caractérisé par une rougeur cutanée, des douleurs, une sensation de brûlure voire des cloques. Sans compter que les ultraviolets sont aussi néfastes à long terme. Ils favorisent le vieillissement de la peau et sont un important facteur de risque de tumeurs pigmentaires et non pigmentaires. Renoncez donc impérativement à toute exposition excessive au soleil, recherchez régulièrement l’ombre d’un parasol, appliquez une protection solaire en quantité suffisante, évitez le soleil sur le temps de midi, portez des lunettes de soleil et couvrez autant que possible votre peau avec des vêtements légers.

Troubles provoqués par la chaleur
En plein été, les températures en journée grimpent facilement au-dessus des 30 °C dans les pays du sud, d’où le risque de troubles provoqués par la chaleur. L’insolation guette quand on s’expose au soleil toute la journée sans se couvrir la tête. Elle survient de manière décalée dans le temps, donc souvent la nuit, et se caractérise par d’intenses maux de tête et des nausées. Pour éviter d’en arriver là, couvrez-vous la tête, buvez suffisamment et allez régulièrement dans l’eau pour vous rafraîchir.

Gueule de bois
En vacances, on boit vite quelques verres de plus. L’alcool a un effet relaxant, calmant, désinhibant et aphrodisiaque. Toutefois, les boissons alcoolisées ont aussi leur part d’ombre. L’alcool favorise les troubles provoqués par la chaleur, réduit l’attention et augmente les risques d’accident. De plus, il peut aussi favoriser l’agressivité et les conduites à risque et entraîner problèmes gastriques, renvois acides et céphalées. Même en vacances, conservez donc une consommation d’alcool modérée et raisonnable. Et si, malgré tout, vous avez exceptionnellement un peu trop levé le coude, la pharmacie propose des compléments alimentaires pour se remettre plus vite de la «gueule de bois».

Piqûres d’insecte
Les moustiques sont de vraies nuisances qui s’acharnent à nous piquer et à sucer notre sang. Ces piqûres sont sources de démangeaisons, d’une enflure et de douleurs. Dans certains pays, elles peuvent aussi transmettre des maladies graves comme le paludisme, la dengue, la fièvre jaune et la maladie à virus Zika. Cette dernière a d’ailleurs défrayé la chronique juste avant les Jeux Olympiques de Rio en 2016. Contractée pendant la grossesse, l’infection peut entraîner des dommages cérébraux et un handicap mental chez l’enfant à naître. L’application systématique et rigoureuse de répulsifs antimoustiques adaptés aux tropiques permet d’éviter de se faire piquer.

Méduses
Les méduses sont dotées de tentacules qui leur servent à chasser et à se défendre. Leur taille va de quelques millimètres à 40 mètres de long. Elles sont couvertes d’une multitude de cellules urticantes qui s’activent par contact mécanique. En cas de contact, une sorte de petit harpon est expulsé à grande vitesse et le venin de la méduse est injecté dans la peau de sa cible. Les piqûres de méduses entraînent des douleurs, une sensation de piqûre et de brûlure, des démangeaisons et un gonflement de la zone touchée. Selon l’espèce, l’organisme peut présenter une réaction grave voire, rarement, potentiellement fatale. Les cuboméduses ou méduses-boîtes présentes dans les eaux tropicales et subtropicales ont un venin extrêmement puissant et s’avèrent donc particulièrement dangereuses. Les méduses mortes ne sont pas inoffensives pour autant; il faut donc éviter de les toucher quand elles s’échouent sur la plage.
En pharmacie, vous trouverez un kit d’urgence permettant de prodiguer les premiers soins après une piqûre de méduse. Commencez par traiter la lésion avec du vinaigre. Utilisez ensuite un racloir pour éliminer les cellules urticantes. Enfin, appliquez un gel réfrigérant sur la lésion. Attention toutefois: le vinaigre ne convient pas pour toutes les espèces de méduses. Demandez donc conseil sur votre lieu de vacances quant aux mesures à prendre en cas de piqûre.

Noyade
À la piscine comme à la plage, la noyade est une source de danger importante, surtout chez les enfants en bas âge. Comme ils ne savent pas encore nager, ils coulent rapidement et sans attirer l’attention: ils ne se débattent pas et n’appellent pas au secours. Une fois sous l’eau, l’organisme manque d’oxygène et de l’eau peut pénétrer dans les poumons. Même de très faibles profondeurs peuvent s’avérer très dangereuses pour les enfants. Les parents doivent donc les surveiller en permanence et leur expliquer les risques le plus tôt possible. De plus, il est bon de leur apprendre à nager précocement.
Dès 1996, la réglementation californienne exigeait que tous les propriétaires de piscines quelle que soit leur taille installent des mesures de sécurité comme une barrière.

Requins
Inutile de paniquer. Les attaques de requins sont en fait très rares. En 2018, on a ainsi recensé dans le monde seulement 66 attaques non provoquées, dont quatre ont été fatales. À titre de comparaison, ne serait-ce qu’en Suisse, environ 250 personnes perdent la vie chaque année suite à un accident de la circulation.