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Intoxication alimentaire

Danger: aliments avariés!

Ça gronde et ça travaille dans l’estomac, jusqu’à ce que… Quand «quelque chose ne passe pas», c’est l’indigestion, un trouble digestif qui peut donner des symptômes très intenses. Comment reconnaître les aliments avariés et que faire en cas d’intoxication alimentaire?

Catharina Bühlmann, pharmacienne

Si des vomissements et des diarrhées apparaissent quelques heures seulement après la consommation d’un aliment suspect, il s’agit presque à coup sûr d’une intoxication alimentaire. Une telle intoxication est due à des aliments pollués par des substances toxiques: des «toxines». Ces toxines sont notamment produites par des microorganismes comme la bactérie Staphylococcus aureus, naturellement présente sur la peau et les muqueuses de nombreuses personnes, ou par des moisissures. Toutefois, à la différence de ce qui se passe en cas d’infection alimentaire, ce ne sont pas les microorganismes eux-mêmes qui sont en cause, mais les produits métaboliques qu’ils libèrent qui «empoisonnent» l’aliment incriminé.

Les aliments riches en protéines particulièrement à risque
Pendant que nous profitons des beaux jours pour organiser un barbecue sympa, les microorganismes se réjouissent de ces conditions parfaites pour leur survie. Ils affectionnent en particulier la viande, la volaille, le poisson, les œufs crus et les produits laitiers pour se reproduire. Les conserves, surtout les conserves maisons, peuvent aussi poser problème. Elles sont particulièrement appréciées par la bactérie Clostridium botulinum. Elle provoque des intoxications rares mais potentiellement fatales, car elle produit une toxine appelée toxine botulique, qui est neurotoxique. Voilà pourquoi il ne faut en aucun cas consommer des conserves bombées.

Vomissements, diarrhées et crampes abdominales
En cas d’intoxication alimentaire, notre organisme n’a qu’un seul objectif: se débarrasser au plus vite de la substance toxique. L’estomac et l’intestin réexpédient fissa leur contenu «par le haut» ou «par le bas»: diarrhées et vomissements sont les symptômes les plus courants d’une intoxication alimentaire, accompagnés d’intenses crampes abdominales. Après quelques heures à quelques jours, les symptômes disparaissent généralement spontanément. S’ils persistent plus de trois jours ou si une fièvre ou des diarrhées sanglantes apparaissent, un avis médical s’impose. De plus, la prudence est de mise chez les bébés, les enfants en bas âge, les personnes âgées ou immunodéprimées et les femmes enceintes, qui doivent systématiquement consulter.

Que faire en cas d’intoxication alimentaire?
Le principal risque en cas d’intoxication alimentaire est un déficit en eau et en électrolytes. Veillez donc à boire suffisamment. Les solutions de réhydratation disponibles en pharmacie permettent de contrer le risque de déficit hydrique et sont le remède de référence en cas de diarrhée et vomissements. Ménagez-vous un maximum et restez au lit. Une bouillote soulagera les crampes abdominales. Les médicaments qui inhibent complètement les vomissements et la diarrhée empêchent l’organisme de se débarrasser des toxines responsables et ne doivent être pris que sur prescription médicale.

Savoir identifier les aliments avariés
Si un aliment a une drôle d’odeur, un drôle de goût ou s’il a changé de couleur, n’y touchez pas. S’il est recouvert d’un duvet blanchâtre ou verdâtre, soyez prudent également: les filaments des moisissures peuvent aller loin à l’intérieur de l’aliment et être invisibles à l’œil nu. Il ne suffit donc pas de retirer la partie qui semble atteinte. Le dépassement de la date limite de conservation d’un aliment ne le rend pas automatiquement impropre à la consommation mais il faut respecter scrupuleusement la date limite de consommation située après la mention «à consommer avant le» sur des aliments tels que la viande fraîche, la volaille, les plats préparés et les salades et graines germées prêtes à l’emploi, en particulier, qui peuvent se gâter sans que cela se ne voie ni se sente à l’odeur ou au goût.

Pour éviter d’en arriver là
Pour vous protéger d’une intoxication alimentaire, il faut respecter quelques mesures d’hygiène:
Évitez une éventuelle contamination: lavez-vous les mains au savon avant et après la préparation des repas. N’oubliez pas les plans de travail et les ustensiles de cuisine: nettoyez-les à l’eau chaude et au savon après chaque étape de travail.
Stoppez la propagation des microorganismes: utilisez des planches à découper et des ustensiles de cuisine séparés pour les différents aliments. Ne conservez pas la viande, la volaille et le poisson en contact direct avec d’autres aliments.
Éliminez les microorganismes: portez les aliments sensibles et les plats précuisinés à au moins 70 °C.
Empêchez la prolifération des germes: les microorganismes se multiplient particulièrement vite à température ambiante et lorsqu’il fait chaud dehors. Ne laissez donc traîner aucun aliments réfrigéré, congelé ou déjà cuisiné et transportez-les dans un sac isotherme quand vous faites vos courses.

Troubles digestifs: les solutions de la pharmacie
L’été, la chaleur, un changement de rythme dans la journée ou de nouvelles habitudes alimentaires peuvent dérégler notre digestion. Votre pharmacie a des solutions:
Ballonnements: les médicaments qui favorisent l’évacuation des gaz ou s’y lient aident à soulager les ballonnements désagréables. Le fenouil, l’anis et le cumin, y compris sous forme de tisane digestive, stimulent la digestion.
Crampes abdominales: les spasmolytiques ou médicaments antispasmodiques relâchent les muscles du système digestif et apaisent les crampes abdominales. Une tisane chaude à la menthe poivrée ou à la camomille soulagera aussi les douleurs abdominales.
Constipation: les substances mucilagineuses augmentent le volume des selles et les rendent plus souples. D’autres laxatifs légers peuvent relancer le transit intestinal dans le cadre d’une utilisation à court terme.
– Diarrhée: si le lopéramide est un principe actif qui stoppe provisoirement la diarrhée, les probiotiques peuvent compléter et renforcer votre flore intestinale. Ils protègent ainsi l’intestin de l’installation de microorganismes indésirables et peuvent aider à reconstituer votre microbiote en cas de diarrhée.