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Système immunitaire

Des défenses au top

Peu de gens savent ce qui se passe vraiment dans l’organisme quand nous entrons en contact avec des agents pathogènes. C’est pourtant capital si nous voulons renforcer notre système immunitaire par tous les moyens.

Irene Strauss, pharmacienne

Imaginez une bonne dose de virus du rhume en suspension dans l’air. Vous inspirez profondément et voilà que vous inhalez ces petits malfaiteurs par le nez ou la bouche. Quelles mesures votre corps va-t-il mettre en place? Qu’est-ce qui fera que vous resterez en bonne santé ou que vous développerez un rhume?

Peau et muqueuses
Les premières barrières les plus importantes contre les microorganismes indésirables sont la peau et les muqueuses de la bouche, du nez, des voies respiratoires et de l’intestin. Si, par exemple, des bactéries ou des virus sont inhalés, ils restent souvent déjà bloqués par l’épithélium des voies aériennes. Des cils vibratiles – aussi denses qu’un gazon dru – y battent en direction de la gorge afin de les chasser. Raclements de gorge, toux et éternuements permettent littéralement de catapulter à l’extérieur ces fâcheux intrus. Pour que cette première ligne de défense fonctionne sans souci, il est judicieux de fumer le moins possible et d’humecter régulièrement vos muqueuses à l’aide de sprays nasaux, d’inhalations ou de pastilles à sucer. Misez par exemple sur des préparations à base de sel, de glycérine ou de substances mucilagineuses végétales. Les désinfectants pour les mains aident par ailleurs à détruire les agents pathogènes présents à la surface de la peau.

Enzymes et acidité
Le prochain obstacle est de nature chimique: peu de microorganismes résistent au film hydrolipidique acide de la peau ou à l’action corrosive de l’acide gastrique. Mais les enzymes de l’estomac, du liquide lacrymal et de la salive (lysozymes) s’attaquent aussi à la paroi cellulaire de certains microorganismes au point de la détruire. Sucer des bonbons contre les refroidissements atténue donc non seulement la sensation de sécheresse désagréable dans la bouche et la gorge, mais stimule aussi la production de salive et de ses précieux lysozymes. De plus, différents minéraux et vitamines (voir encadré) ont une influence positive sur l’activité enzymatique générale de l’organisme.

Cellules
Tout un tas de cellules immunitaires viennent en outre soutenir les enzymes. Elles sont transportées via les vaisseaux sanguins et lymphatiques et déploient principalement leur activité dans les ganglions lymphatiques, les amygdales palatines et pharyngées, la rate, l’intestin, le thymus et la moelle osseuse. Exemple: les macrophages (phagocytes), qui englobent les bactéries, champignons et parasites les plus divers et les digèrent jusqu’à ce qu’ils soient inoffensifs, puis les évacuent via la lymphe. D’autres cellules sont aussi importantes pour nos défenses immunitaires: les monocytes, les granulocytes et les lymphocytes. Ces derniers arrivent à maturité dans la moelle osseuse ou dans le thymus et activent les anticorps ou différentes substances messagères, qui stimulent à leur tour d’autres cellules immunitaires ou la production de cellules mémoire pérennes. Pour soutenir ces processus, les substances actives de l’échinacée ont fait leurs preuves, car elles améliorent les performances des phagocytes et peuvent augmenter la production de lymphocytes (T). Le zinc améliore lui aussi la production et l’activation de certaines cellules immunitaires. Quant à la vitamine C, elle capture les radicaux nocifs et allège ainsi le travail des défenses immunitaires.

Protéines
Au niveau nutritionnel, les protéines sont au cœur de toutes les attentions. Peu de gens savent que des protéines de haute qualité sont elles aussi incontournables pour l’efficacité de notre système immunitaire. Mais quand on sait que nos anticorps ne sont rien d’autres que des protéines, ça n’a plus rien d’étonnant. Les anticorps doivent d’abord être taillés sur mesure par notre organisme pour correspondre à des antigènes donnés, des structures situées à la surface des agents pathogènes. C’est à cette seule condition qu’ils peuvent complètement désamorcer le microorganisme incriminé ou du moins permettre au reste du système immunitaire de le détecter plus facilement. C’est dans ce contexte que les vaccins préventifs, s’ils sont disponibles, ont leur intérêt. Ils consistent à présenter à l’organisme des bactéries ou des virus (ou des fragments de ces microorganismes) sous une forme atténuée, de manière à ne pas tomber malades mais à déclencher la production d’anticorps. Si nous entrons ultérieurement en contact avec une bonne dose des microorganismes en question, nous sommes armés des protéines de défense correspondantes.

Flore intestinale
Pensez-vous tout de suite à votre ventre quand il est question du système immunitaire? Vous devriez, car notre intestin joue un rôle essentiel dans la lutte contre les infections. Non seulement parce qu’il abrite une quantité de cellules immunitaires comme les lymphocytes, mais aussi du fait des «bonnes» bactéries de notre flore intestinale, capables de tuer, de faire écran ou de supplanter les agents pathogènes et de moduler les réactions inflammatoires. La composition de notre flore peut être optimisée à l’aide des fibres des fruits et légumes et de préparations ciblées contenant des bactéries (probiotiques). Une option en plus pour renforcer nos capacités à nous défendre.

Notre système immunitaire nous rend chaque jour d’inestimables services. À condition que tous ses acteurs puissent jouer leur rôle de manière optimale. À nous de le soutenir par tous les moyens. Nous traverserons ainsi, espérons-le, toute la saison des refroidissements en parfaite santé!

Mesures générales pour un système immunitaire performant
Un mode de vie raisonnable permet généralement de soutenir notre système immunitaire. Il est ainsi recommandé:
– d’avoir une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, car les vitamines et minéraux soutiennent le système immunitaire.
– de boire suffisamment (de l’eau ou des tisanes non sucrées), pour optimiser les processus d’élimination.
– de pratiquer une activité physique régulière pour activer la circulation sanguine.
– de renoncer au tabac et de consommer de l’alcool avec modération pour ne pas solliciter inutilement l’organisme avec des radicaux libres nocifs et prévenir les processus cytotoxiques.
– de réserver suffisamment de temps au sommeil et à la détente physique, car le nombre de substances messagères et de défense, ainsi que la production d’anticorps augmente en mode repos.

Les coups de pouce de la pharmacie
– Désinfectant pour les mains
(en format nomade).
Spray, pommade ou solution de rinçage nasal pour réhumecter la muqueuse nasale et garantir sa résistance et sa capacité à se défendre contre les microbes.
Vitamines et minéraux, à commencer par des antioxydants comme les vitamines C et E, la vitamine D, la coenzyme Q10, le sélénium et le zinc.
Extraits de levure naturellement riches en vitamines et minéraux.
Extraits de plantes comme l’échinacée (Echinacea purpurea) ou le géranium du Cap (Pelargonium sidoides), pour tenir en échec les refroidissements.
Médicaments homéopathiques et sels de Schüssler tels que le sel n° 3 (Ferrum phosphoricum), en prévention ou dès les premiers symptômes de refroidissement (maux de gorge, d’oreille, etc.).
Préparations à base de bactéries: lorsque la flore intestinale est en bonne santé, le système immunitaire en profite également.