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Toux

Huit étapes pour arrêter de tousser

La toux fait partie de ces problèmes qui reviennent chaque année. Bon nombre d’entre nous le savent: les antitussifs apaisent les toux sèches tandis que les mucolytiques sont utiles lorsque les sécrétions s’accumulent dans les voies respiratoires. Mais d’autres astuces peuvent aussi vous soulager.

Irene Strauss, pharmacienne

Les quintes de toux pénibles qui nous assaillent pendant la saison des refroidissements durent généralement jusqu’à trois semaines. C’est le temps qu’il faut pour qu’une toux (souvent provoquée par des virus) disparaisse d’elle-même. Mais le temps qui nous sépare de la guérison peut être vraiment difficile à vivre. Bonne nouvelle: ce n’est pas une fatalité!

Étape 1: apaiser la toux irritative
Quand vous êtes victime d’un refroidissement, des picotements douloureux apparaissent généralement dans la gorge. Et il ne faut bien souvent que quelques jours avant qu’une toux sèche et lancinante ne vous accable. Les antitussifs peuvent apporter une aide précieuse à court terme. Ils permettent de réduire le nombre et l’intensité des quintes de toux.
Outre les substances chimiques, les composants végétaux peuvent eux aussi s’avérer efficaces, même si leur effet est légèrement moins fort. Citons par exemple les substances mucilagineuses, telles que celles présentes dans la guimauve, la mousse d’Islande ou encore le plantain. Celles-ci se fixent sur les chémorécepteurs présents dans la gorge.
Conseil: sucez des bonbons pour la gorge. Le simple fait de sucer favorise la production de salive, laquelle hydrate les muqueuses irritées. Cela stimule également la production d’anticorps afin de lutter plus rapidement contre les agents pathogènes.

Étape 2: éliminer les mucosités
Vers le septième jour du refroidissement, la toux se fait souvent plus grasse. En jargon médical, on parle de toux productive, car elle produit désormais de nombreuses sécrétions. Pour l’apaiser, on recourra cette fois plutôt aux mucolytiques. Ceux-ci réduisent la production de mucus dans les voies respiratoires, rendent le mucus moins visqueux et permettent ainsi de l’évacuer plus rapidement. Différents principes actifs entrent ici aussi en ligne de compte. On vous indiquera volontiers en pharmacie quel produit de synthèse, phytothérapeutique ou homéopathique est le plus adapté à votre situation.
Conseil: ne prenez jamais un mucolytique juste avant d’aller vous coucher car, peu après la prise, vous risquez d’expectorer davantage de mucus.

Étape 3: boire suffisamment
Simple mais efficace en cas de toux: boire le plus possible! Le liquide empêchera non seulement le dessèchement des muqueuses, mais favorisera également la fluidification du mucus visqueux. L’idéal est de consommer des tisanes contre la toux et pour les bronches: thym, plantain, guimauve ou primevère contribuent à la fluidification.
Conseil: les plantes médicinales comme le thym sentent très bon car elles contiennent une grande quantité d’huiles essentielles particulièrement efficaces. Mais celles-ci se volatilisent très vite. Mieux vaut donc toujours stocker les herbes odorantes dans des contenants bien fermés.

Étape 4: prendre soin de ses voies respiratoires
Chaque quinte de toux irrite les muqueuses et finit à terme par endommager les tissus, ce qui entraîne une inflammation et une surexcitation des terminaisons nerveuses et vous fait tousser davantage encore. Il s’agit donc d’interrompre ce cercle vicieux: les sirops pour la toux et les pastilles à sucer ont un effet apaisant. Mais les huiles essentielles des plantes peuvent aussi soulager. Les capsules hautement dosées ou les pommades pectorales à base de ces composants odorants apportent aussi un précieux soulagement. Quant aux inhalations et bains anti-refroidissements, ils peuvent être bénéfiques pour soulager les voies respiratoires mises à rude épreuve. Vous obtenez également un effet optimal en prenant des extraits de géranium du Cap. Ceux-ci sont en effet antimicrobiens, protègent les cellules et stimulent les défenses immunitaires.
Conseil: les sprays nasaux peuvent aussi être utiles en cas de toux car les sécrétions nasales qui tombent dans la gorge peuvent provoquer des quintes de toux. Pensez-y également pour les enfants chez qui la toux est bien souvent la conséquence d’un rhume.

Étape 5: bien aérer – on ouvre la fenêtre!
Pendant la saison froide, il est tout particulièrement important de veiller à un climat intérieur agréable. En fin de compte, nous passons durant cette période une grande partie de nos journées à l’intérieur. Bien aérer permet de favoriser la circulation de l’air et de rééquilibrer le taux d’humidité. Lorsque l’air des pièces chauffées devient trop sec, il abîme nos muqueuses, ce qui les rend plus sensibles aux infections. À l’inverse, si l’air est trop humide, cela peut générer de la condensation sur les fenêtres et les murs et provoquer la formation de moisissures nocives pour nos poumons. Idéalement, quel que soit le temps, aérez les pièces par intermittence, trois à cinq fois par jour durant cinq à dix minutes. Laisser la fenêtre entrouverte durant toute la journée n’est en revanche pas une solution idéale et gaspille de l’énergie.
Conseil: un hygromètre permet de mesurer l’humidité de l’air. La valeur idéale se trouve entre 40 et 60 %.

Étape 6: arrêter de fumer
Les poumons sont déjà bien assez occupés avec tous les virus responsables des refroidissements et les sécrétions de mucus. Vous pouvez donc leur épargner les près de 300 substances toxiques différentes contenues dans les cigarettes. Il est évident que le formaldéhyde, le cyanure d’hydrogène, l’oxyde d’azote, les nitrosamines ou encore le cadmium et le plomb n’ont aucun effet apaisant sur la toux.
Conseil: fixez dès aujourd’hui le jour où vous arrêterez de fumer et avertissez votre famille ou vos ami(e)s. Invitez votre entourage à vous soutenir activement dans votre décision et informez-vous dans votre pharmacie sur les méthodes les plus efficaces pour arrêter de fumer.

Étape 7: prendre soin de son corps
Faire de petites balades à l’air frais et dormir suffisamment offrent à notre corps l’opportunité de se concentrer pleinement sur la guérison. Les rituels relaxants n’apaisent pas que nos nerfs. Une alimentation équilibrée et riche en vitamines apporte un précieux soutien à notre système immunitaire et semble dès lors encore meilleure.
Conseil: le zinc, naturellement présent dans la viande, les lentilles ou les flocons d’avoine, par exemple, a une action immunomodulatrice particulièrement marquée. Un apport suffisamment élevé renforce dès lors les défenses endogènes et réduit également la durée de l’infection.

Étape 8: consulter un médecin
Si vous ne constatez aucune amélioration après deux mois au maximum, mieux vaut demander un avis médical. Si la toux est accompagnée d’une forte fièvre ou de crachats sanglants, elle doit être traitée rapidement. Cela pourrait par exemple être le signe d’une pneumonie qui doit être immédiatement traitée par antibiotique. Si une toux persistante, pour laquelle vous avez déjà consulté, évolue ou si d’autres troubles comme des difficultés respiratoires apparaissent, n’attendez pas non plus et appelez (à nouveau) votre médecin. D’autres mesures pourraient être ici nécessaires et il convient de les mettre en place le plus rapidement possible.

Comment agissent les antitussifs?
Si les voies respiratoires sont irritées par une infection, généralement d’origine virale, les récepteurs de la toux s’activent. Ceux-ci se trouvent principalement dans nos voies respiratoires, c’est-à-dire notre nez, notre gorge et nos bronches. En cas d’infection, les récepteurs de la toux envoient une information claire au centre de la toux situé dans le tronc cérébral: «Mayday, nous avons de nombreux germes pathogènes et (plus tard) des mucosités ici en bas. Déclenchez l’envie de tousser afin de les évacuer!» Le centre de la toux donne dès lors au diaphragme et aux muscles intercostaux l’ordre de produire la toux. Mais pour que nous ne toussions pas à la moindre broutille, il définit un seuil de stimulation contrôlé. La toux ne se déclenche que si ce seuil est dépassé. Les antitussifs augmentent ce seuil de stimulation et abaissent la sensibilité des récepteurs de la toux.