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Allergie

Traitements alternatifs du rhume des foins

Nez qui coule ou nez bouché, démangeaisons oculaires, gonflements des muqueuses… Les signes d’une allergie sont variés mais toujours dérangeants! Quelles sont les solutions proposées par la médecine conventionnelle et les médecines alternatives?

Rebekka Thöni Tobler, pharmacienne FPH en officine, homéopathe

Une allergie est une réaction excessive de l’organisme à une substance donnée venue de l’extérieur. Ces allergènes sont des substances inoffensives en soi – le plus souvent des protéines telles que celles contenues dans les pollens par exemple. Un système immunitaire intact protège l’organisme contre ces substances étrangères. Mais s’il réagit à l’inhalation de pollens, par exemple, comme à la présence d’agents pathogènes, il présente une réaction excessive. C’est l’allergie. Il existe plusieurs approches thérapeutiques pour soulager ses symptômes incommodants.

Médecine classique
Les symptômes allergiques de la saison pollinique sont le plus souvent traités par des antihistaminiques qui peuvent s’utiliser localement sous forme de collyre ou de spray nasal, ou par voie systémique en comprimés. Ils ont une action antiallergique, antiprurigineuse et anti-inflammatoire. En cas de réaction intense, il peut être nécessaire de recourir à la cortisone – sous forme de spray nasal, de collyre ou de comprimés.

Dispositifs médicaux
Pour éviter un maximum que les pollens ne pénètrent dans l’organisme, les douches, pommades, sprays ou gels nasaux sont utiles en prévention. L’utilisation de ces produits plusieurs fois par jour permet de chasser les pollens de la muqueuse nasale ou de les empêcher de pénétrer plus profondément dans l’organisme en couvrant celle-ci d’une couche protectrice.

Phytothérapie
Différentes préparations phytothérapeutiques peuvent aussi influencer positivement les symptômes de l’allergie. L’important est alors souvent d’agir à temps, souvent quelques semaines avant la saison pollinique.
On pensera à des préparations à base d’huile de nigelle ou aux gouttes à base d’ortie et de sureau. L’euphraise est aussi bien utile pendant la saison des allergies. Prise régulièrement sous forme de teinture mère ou de gouttes pour les yeux, elle soulage efficacement les symptômes oculaires. Les comprimés contenant un extrait spécial de pétasite peuvent atténuer les symptômes généraux du rhume des foins: démangeaisons, occlusion nasale ainsi que rougeurs et démangeaisons oculaires.

Homéopathie
En prévention, on commencera de préférence deux mois avant la saison pollinique la prise d’un «vaccin homéopathique». Il s’agit de prendre une fois par semaine une dose de globules pendant quatre semaines, puis une nouvelle dose un mois plus tard. Le traitement permet de préparer le système immunitaire aux pollens.
En traitement aigu, on utilisera généralement des globules de Histaminum 15 CH. Pour les rougeurs et les démangeaisons oculaires, il existe différents collyres homéopathiques à base d’euphraise. Pour soulager les symptômes nasaux (écoulement, occlusion ou démangeaisons), on se tournera vers des sprays homéopathiques spéciaux.

Gemmothérapie
La gemmothérapie est une méthode thérapeutique qui repose sur le pouvoir des bourgeons. Elle est idéale en traitement aigu, souvent en complément de l’homéopathie. En cas de symptômes aigus, on utilisera toutes les 30 minutes un spray buccal à base de cassis (Ribes nigrum) à l’action anti-inflammatoire et antiallergique. Le bouleau pubescent (Betula pubescens) a également une action antiallergique et le charme (Carpinus betulus) peut soulager les spasmes bronchiques.

Sels de Schüssler
Pour réduire les réactions excessives de l’organisme telles que l’allergie, on commencera à sucer, si possible dès octobre, deux comprimés par jour du sel numéro 23 (Natrium bicarbonicum).
En traitement de fond pendant la période du rhume des foins, on laissera fondre dans la bouche deux comprimés trois fois par jour de chacun des sels numéro 2 (Calcium phosphoricum), 6 (Kalium sulfuricum) et 10 (Natrium sulfuricum).
En traitement aigu, on pourra prendre un comprimé, toutes les cinq minutes au maximum, du sel d’urgence (numéro 3, Ferrum phosphoricum). En complément, le sel numéro 8 (Natrium chloratum) a fait ses preuves pour traiter l’écoulement nasal et les larmoiements.

Vitamines, minéraux et bactéries intestinales
Pour renforcer le système immunitaire, piéger les radicaux libres et réduire l’inflammation, on pourra prendre 500 à 1000 milligrammes par jour de vitamine C à libération prolongée et 15 à 30 milligrammes de zinc. En complément, les vitamines du groupe B atténuent le stress. En prévention, il semble en outre qu’une cure de renforcement intestinal par différentes bactéries intestinales puisse être utile – n’oublions pas que l’intestin fait partie intégrante de notre système immunitaire!

Quand consulter?
Si les symptômes ne sont pas suffisamment soulagés par les mesures préventives et thérapeutiques ci-dessus, mieux vaut consulter. Dans certains cas, une désensibilisation peut s’avérer nécessaire. Il s’agit d’une immunothérapie spécifique, qui permet d’habituer progressivement le système immunitaire à l’allergène. Sachez aussi que, si vous ne traitez pas adéquatement une allergie existante, vous courez à la longue le risque de développer un asthme allergique. Agissez avant: vous pouvez l’éviter!

Conseils pour réduire l’exposition aux pollens
– Le soir, lavez-vous les cheveux ou brossez-les soigneusement.
– Ne laissez pas vos vêtements chargés de pollens dans la chambre à coucher, lavez-les souvent.
– Changez souvent le linge de lit.
– Dormez les fenêtres fermées ou munissez-les de filtres anti-pollen.
– Faites installer des filtres anti-pollen dans la voiture et faites-les entretenir régulièrement.
– Utilisez un aspirateur doté d’un filtre anti-pollen.
– Pendant la saison pollinique, privilégiez les vacances à la mer ou à la montagne (>1500 m d’altitude).
– À l’extérieur, portez systématiquement des lunettes de soleil. Surveillez le calendrier pollinique et les alertes aux pollens.