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Mal de dos

Haro sur le mal de dos

Les maladies de l’appareil locomoteur sont l’une des premières causes d’arrêt-maladie chez les hommes. Notamment les douleurs dorsales, certes généralement bénignes mais parfois très difficiles à supporter. Comment les éviter et les traiter?

Christiane Schittny, pharmacienne

Certains métiers principalement masculins sollicitent fortement le dos. On pense bien sûr à toutes les activités qui impliquent de soulever de lourdes charges ou une pénibilité physique. Mais on oublie souvent que les activités impliquant une station assise ou debout prolongée peuvent aussi faire des dégâts. Une chose est sûre: votre dos a besoin de bouger régulièrement pour rester en forme. Une sollicitation excessive peut lui nuire à long terme – mais l’inactivité aussi!

Savoir de quoi on parle
«Lombalgie», «sciatique», «atteinte des disques vertébraux», «lumbago», «mal aux reins», tout cela sonne un peu du pareil au même: des douleurs dans le bas du dos, qui peuvent irradier vers d’autres régions du corps. Les douleurs dorsales aiguës surviennent souvent brusquement et disparaissent généralement spontanément après quelques jours ou quelques semaines. Les douleurs dorsales chroniques sont plus rares et peuvent persister plus longtemps.
En cas de douleurs récidivantes ou très intenses, il est donc particulièrement important d’identifier le déclencheur. Le choix du bon traitement et, par conséquent, les perspectives d’amélioration ou de guérison en dépendent.

Les reins, notre point faible
Un coup d’œil à l’anatomie de notre dos suffit à comprendre sa complexité. La colonne vertébrale dessine un «S» et sert de structure de soutien du corps. Elle se compose de vingt-quatre vertèbres osseuses articulées entre elles, qui reposent sur le sacrum et le coccyx. Plus de 200 muscles, tendons et ligaments apportent soutien et mobilité à la région du dos. Entre les vertèbres se trouvent les disques intervertébraux, qui y sont intimement liés. Ils sont constitués de cartilage souple et fibreux qui joue un rôle d’amortisseur et confère à la colonne vertébrale son élasticité et sa flexibilité.
Les douleurs dorsales peuvent aussi bien venir des vertèbres comme des disques intervertébraux et des muscles. Au niveau vertébral, la zone à risque numéro un est indubitablement celle des «reins», autrement dit celle qui fait transition entre la colonne mobile et la région soudée du sacrum. Environ septante pour cent des mouvements de flexion et d’extension se passent à ce niveau, avec la sollicitation et l’usure qui vont avec. En cas de déplacement des disques intervertébraux et des vertèbres, les nerfs peuvent se retrouver pincés et provoquer des douleurs extrêmes. Très souvent, des tensions musculaires douloureuses sont également présentes; elles provoquent à leur tour une sollicitation inappropriée du rachis et aggravent la situation.

Pour soulager le dos
En cas de douleurs dorsales aiguës, il y a différents moyens de se soulager.
– Si les muscles du dos sont tendus, la chaleur peut aider. En pharmacie, vous trouverez des pommades antirhumatismales et des patchs chauffants, des produits pour le bain ou des compresses chaudes.
– Les massages pratiqués par un professionnel peuvent détendre les muscles et atténuer les douleurs.
– Pour dormir, certaines positions allongées sont plus favorables que d’autres. Le plus souvent, les douleurs sont plus tolérables en position latérale. Un coussin entre les genoux déchargera aussi le rachis.
– Le mouvement aide à être de nouveau sur pied plus rapidement, car il permet de faire travailler et de renforcer les muscles, y compris ceux du dos. Il ne faut rester alité qu’en cas de douleurs extrêmes, et encore, le moins longtemps possible.

Les médicaments se justifient
Les douleurs poussent à adopter des «postures antalgiques». Mais celles-ci peuvent justement exercer des contraintes inappropriées sur le rachis et provoquer de nouvelles douleurs. C’est pourquoi il est tout à fait judicieux de prendre des médicaments analgésiques en cas de maux de dos intenses. Mais attention: en règle générale, les antidouleurs servent à surmonter des douleurs aiguës; ils ne sont pas une solution à long terme! Pour faire disparaître au mieux la douleur, ils doivent être pris régulièrement (mais pas plus de quelques jours sans avis médical). Serrer les dents jusqu’à ne plus pouvoir supporter la douleur ne sert pas à grand-chose. Réagir vite contre les douleurs dorsales permet de rester actif et d’éviter d’aggraver les tensions. Le choix du médicament dépend de la sévérité de la douleur. On recourt souvent aux molécules en vente libre suivantes: ibuprofène, diclofénac, acide acétylsalicylique et paracétamol. Si leur action s’avère insuffisante, le médecin peut prescrire des médicaments plus puissants. Dans les cas chroniques particulièrement graves, une intervention chirurgicale peut apporter une solution durable.

Bouger fait beaucoup
L’activité physique a largement fait ses preuves pour lutter contre la douleur aiguë et prévenir de nouvelles douleurs dorsales. Des muscles dorsaux bien entraînés soulagent le rachis. Si vous avez tendance aux problèmes de dos, faites-le travailler régulièrement. Différents sports comme la natation, le vélo, la gymnastique, le ski de fond ou la musculation (avec les conseils d’un professionnel) sont parfaits pour cela. Il existe en outre sûrement près de chez vous des cours spécifiques de gymnastique du dos. Par ailleurs, il est aussi facile d’intégrer régulièrement au quotidien de petites séances de renforcement du dos: le corps ne doit jamais rester longtemps dans la même position. L’idéal est de solliciter puis relâcher les muscles de temps en temps, dès qu’on en a l’occasion. Si vous faites un maximum de choses à pied et réduisez le plus possible l’utilisation de facteurs de sédentarité comme la voiture, l’ascenseur et la télécommande, vous ferez déjà beaucoup pour la santé de votre dos.

Quand faut-il consulter?
– Si vous souffrez de douleurs dorsales intenses, persistantes ou récidivantes, un avis médical s’impose pour en déterminer la cause.
– Si vous présentez des signes de paralysie, des troubles sensoriels, une faiblesse musculaire ou une sensation d’engourdissement, consultez sans tarder.
– En cas de restrictions de mobilité importantes, p. ex. si vous ne pouvez pas vous pencher en avant.
– Si les douleurs dorsales s’accompagnent d’une fièvre et d’autres symptômes, la prudence est de mise.
– En cas de suspicion de fracture vertébrale.